Des plantes et des livres
Je vous propose un petit tour dans ma bibliothèque.
Des références, des inspirations ou encore des ouvrages influents qui m’ouvrent l’esprit et le cœur, de quoi réjouir les amateurs de livre.
C’est également l’occasion pour moi de vous faire découvrir une série en cours de portraits "phytographiques".
Pour en savoir plus sur cette collection cliquez ICI .
Associer les livres aux plantes est un exercice très amusant qui me fait réfléchir différemment sur celles ci et, de ce fait, sortir de mes habitudes du point de vue de leur description thérapeutique pour m’essayer à de nouveaux récits.
« Sourcils de vénus » ou l’autre nom d’Achillea : on le lui doit à la forme de ses feuilles, celles-ci nous rappelant également le réseau capillaire sanguin relatif à l’une de ces principales propriétés.
On appelle cela la « théorie des signatures ». Celle-ci consiste à attribuer aux aliments, remèdes et autres choses du même ordre, grâce à leur forme caractéristique, des actions et des pouvoirs de nature médicinale.
La « forme » dans la matière et de tout ce qui concerne très concrètement les choses et leurs manifestations, a été le sujet d’étude d’un livre que je recommande à tout artiste ou créateur. Car -penser la forme est une expérience à aborder et ré aborder sans cesse avec le temps. Cet ouvrage est : « La vie des formes » d’Henri Focillon, historien de l’art du 20ème siècle.
Si je pense à la théorie des signatures...j’ouvre ce livre au hasard...et voilà ce qui m’est donné : «...leur forme évidente sur le plan de l’image ne s’explique que par une activité secrète sur un plan au-dessous. » Il écrit à nouveau : « La riche série de phénomènes que la forme développe dans l’espace et dans la matière légitime et appelle un ordre d’études. Ces propriétés, ces mouvements, ces mesures, ces métamorphoses ne sont pas des indices secondaires, mais l’objet essentiel, et nous croyons en avoir dit, malgré la brièveté volontaire de cet exposé, pour que la notion de ce monde des formes cesse d’apparaître comme une métaphore, pour que soit justifiée dans ses grandes lignes notre esquisse d’une méthode biologique. »
Artemisia vulgaris : cette plante est à l’image d’une petite fille, la seule et l’unique en mon cœur. Mais pour la plupart des gens, elle est l’herbe des vieilles et des guérisseuses celtiques.
D’une famille solaire, les Astéracées, elle offre aux insectes de passage, majoritaires en ce monde, les moyens de remplir un rôle des plus essentiel à savoir, faire de cette planète un lieu propice à la vie. Les insectes sont les véritables jardiniers de ce monde.
Artemisia est une plante purificatrice des espaces et du temps...Artemisia, Artèmise pour les Grecques, Diane pour les Romains, prend soin du règne animal, le protège et le défend.
C’est pour moi l’occasion d’évoquer un des livres les plus inspirant de ma bibliothèque : « l’abrège de zoologie 1. Invertébrés » aux éditions Masson. Cadeau d’un certain Dr Kaeffer, chercheur en chronobiologie, grand père d’une petite Diane portant de surcroît ce nom évocateur venu de l’allemand « Käfer » ou coléoptères, scarabée en français. Cet ouvrage peut être le moyen pour tous les amoureux du minuscule de découvrir ce qui se cache à l’intérieur de ces créatures étonnantes. Le moyen aussi de rêver devant des illustrations naturalistes semblables aux gravures anciennes. Il est Trésor inestimable pour les yeux et le cœur de la maman que je suis devant ma petite Diane Artemisia.
Grande plante Vulnéraire, l’arnica emblématique de notre pharmacopée européenne et plus précisément vosgienne, constitue un remède de référence pour les pathologies relatives aux systèmes locomoteur et tégumentaire. La peau...grande cellule protectrice qui sépare le dehors du dedans.
Que de termes complexes pour parler des cellules végétales : méristèmes, paroi squelettique, pecto-cellulosique, cytoplasme, pectines, hémicellulose, paroi primaire et secondaire, plasmodesme, aquifère, aérifère, collenchyme, sclérenchyme, suber....Tout un poème biologique que l’étude de la physiologie végétale opère et que le livre suivant illustre entre autres choses.
C’est au cours d’un voyage en Écosse, alors que je visitais mon amie Lisa, que j’ai découvert l’un des ouvrages les plus influent de ma collection. Celui ci a été visiblement réalisé à partir des travaux de différents artistes naturalistes collectés sur différentes époques : « Animal.vegetable.mineral. Organising nature : A picture album. » aux éditions wellcome collection.
Je ne me lasse pas de le feuilleter et, comme il est petit, il voyage partout avec moi. Après toutes ces années, il continue d’influencer mon « écriture ». Il s’adresse en particulier aux personnes qui comme moi, sont sensibles aux dessins naturaliste du 18ème siècle.
Callune ou Bruyère : cette petite plante diurétique et antiseptique urinaire parsème les landes bretonnes. Je la récolte dans une zone difficile d’accès à Brocéliande, un coin demeuré sauvage, hors du sentier, près de la marre aux grenouilles.
Calluna, « celle qui embellit ». Autour d’elle, pierres et arbres, ces grands êtres végétaux, millénaires parfois et qui ont « observé » l’évolution de l’Homme en tant qu’espèce.
Pour ceux qui aiment les arbres, les travaux d’Ernest Zürcher sont incontournables.
Sa spécialité ? le lien entre les arbres et le cosmos. Ses intuitions ? il les contacte par l’expérience du terrain et de la marche. Nous lui devons plusieurs conférences et ouvrages très inspirants.
Mais concernant les arbres un ouvrage surpasse pour moi tous les autres, il s’agit de :
« Lire le bois, un autre regard sur la vie des arbres » de Paul Corbineau et Jean-Michel Flandin aux éditions Vial.
En voici le résumé : « Dans le bois se cache l’histoire de la vie de l’arbre et de la forêt. En prenant le temps d’observer un morceau de bois, on peut y discerner de nombreuses marques qui sont autant d’informations sur son âge, son développement ou encore les stratégies qu’il a adoptées pour s’adapter aux contraintes environnementales. Dans ce livre, deux grands spécialistes du bois expliquent, photos et exemples à l’appui, comment identifier les marques du bois et les interpréter pour retracer l’histoire de l’arbre duquel il a été prélevé. Avec cet ouvrage inédit, plonger au cœur du bois et découvrez la vie cachée des arbres, car tout morceau de bois est avant tout une tranche de vie, avec ce qu’elle contient d’anecdotes, de mésaventures et de surprises. »
Dans le règne végétal, il est difficile de trouver une plante plus emprunte d’innocuité.
De la douce famille des Malvacées, celle-ci entretient un lien particulier avec l’eau car elle est le solvant de prédilection de ses « actifs » principaux, les mucilages, sortes de petits poils qui gonflent au contact de ce liquide et permettent d’adoucir les muqueuses et la peau.
Celle plantes m’évoque un livre, sorte de pommade pour l’esprit, qui m’a beaucoup aidé ces dernières années à apaiser mes angoisses existentielles.
C’est un livre qui répond à la recherche d’équilibre.
Ce livre, « le centre de l’être » de Karlfried Graf Dürckheim, édition Albin Michel, demeure non seulement une ressource personnelle mais aussi artistique.
Depuis cette lecture, je m’interroge particulièrement à propos du rituel créatif, de la posture, de l’état d’esprit que l’on peut avoir au moment de se mettre au travail, cette mise en condition qui permet à « l’inspiration » d’infuser librement dans la matière plastique.
La Mauve est en quelque sorte l’auteure de ce livre, les mucilages les mots qu’il a choisi, l’eau... le lecteur.
Une abeille sur la couverture, un fond jaune soleil, un titre énigmatique : « Milieu animal et milieu humain » de Jakob von Uexküll aux éditions Bibliothèque Rivages. Ils sont les éléments visuels indissociables de la fleur de calendula, cette plante qui produit des graines aux allures d’insecte mythologique, de dragon chinois, véritable semence pour rêveurs.
Plante maîtresse de la sphère cutanée, cicatrisante et anti-inflammatoire... Véritable piste d'atterrissage pour abeille, touffe de fleurs tubulées en son centre et ligulées en périphérie du réceptacle, gage d’une chaude gourmandise.
C’est précisement le sujet de ce livre d’éthologie, que l’on pourrait qualifier de précurseur. Datant de 1956, Jakob von Uexküll nous décrit avec humilité et humour les limites humaines à comprendre les perceptions animales. Je vous livre ici mon passage préféré : « Les milieux étant aussi divers que le sont les animaux eux-mêmes, ils offrent à tout ami de la nature de nouveaux pays d’une telle richesse et d’une telle beauté qu’il vaut la peine de s’y promener, même s’ils s’offrent à notre regard non pas physique, mais uniquement spirituel. »
Un livre qui touchera ceux pour qui la priorité n’est pas de comprendre la nature, mais plutôt, de l’étudier avec une consciente capacité de rêverie et d’interprétation.
Histoire de cœurs qui battent, « inlassablement, jusqu’à la nuit des temps. »
Histoire pour les petits et grands collectionneurs, de tout et de n’importe quoi.
Des trésor d’automne, des mains, des chevaux, des pierres, des herbiers, des coquillages, des galets, ou des « cœur ». Ces trouvailles qui nous font battre le cœur si fort qu’il fait trembler tout le corps.
Un livre du rayon jeunesse, « Collections » de Victoire de Changy et Fanny Dreyer aux éditions, la Partie.
Une merveille de livre à déguster avec une tisane d’Aubépine qui n’aura de cesse que de soutenir celui qui bat et se bat pour nous du début...jusqu’à la fin.
« Fabriquer son matériel d’art avec les ressources de la nature » de Lucie Broisin Schoch aux éditions Résiliences Ulmer.
Cadeau précieux venu cette année de l’une de mes plus chères Amies, Zoé.
C’est un « présent- ressource », qui va sans aucun doute nous accompagner toutes les deux dans le voyage de la... « robuste » création.
Cet ouvrage, richement illustré, recense toutes les alternatives naturelles aux matériels d’art « conventionnel », l’autrice explique comment les réaliser dans une dynamique Low tech et par conséquent redonne du sens à ce qui a été perdu en chemin...
Il s’agit d’un petit format rigide, ce qui le rend très facile à transporter partout.
Ce livre est à l’image du cassissier... petit arbuste polyvalent d’Europe et il pourrait bien devenir le couteau suisse des créateurs de demain inspirés des savoirs d’hier.
Ses fruits...des œuvres biodégradables, aussi vibrantes que l’encre des fruits de cassissier passant du bleu au rose vif puis au violet profond.
Ses feuilles...se tournent, se lisent et se relisent dans tous les sens possible, sans début ni fin. Celle du Ribes nigrum sont odorantes, comestible et diurétiques.
Le bourgeon...cœur de l’autrice tel celui du cassissier qui est l’un des plus puissant anti-inflammatoire végétal.
Son rameau...de résilience qui, quant à ceux de notre arbuste, peuvent servir de manche pour concevoir des outils de traçage tel que des pinceaux, des porte-plume et autres feutres surcyclés.
D'autres livres et d'autres plantes pour bientôt...








